Page facebook de l'UVHC Twitter de l'UVHC PRO'fil : le réseau professionnel de l'Université
     

Axe 2 - Rencontres - Interdisciplinarités (2016-2019)

(Nouveau nom de l'axe 2 du laboratoire CALHISTE)


Le choix de la notion "Rencontres" :

Le nouveau nom de l'axe 2 du CALHISTE découle de l'identité du laboratoire fondé sur la présence d'enseignants-chercheurs de 12 disciplines différentes. La force du CALHISTE repose sur son identité "interdisciplinaire". La redéfinition des programmes de l'axe 2 devait également tenir compte de l'évolution du laboratoire, notamment du départ d'enseignants-chercheurs comme de l'arrivée de nouveaux collègues. Enfin l'évolution du CALHISTE dont une partie formera le laboratoire De Visu-De Scripto sur les écritures et les industries créatives et une autre formera le laboratoire "Territoires, Pouvoirs, Valorisations" devait être préparée en amont par une redéfinition des programmes de notre équipe.

Dans le cadre de la journée d'étude du CALHISTE, l'Interdisciplinarité en question, du 16 décembre 2015, et dans le contexte particulier qui suivait les attentats de novembre 2015, les chercheurs présents ont voulu interroger ce que signifiat " travailler et vivre ensemble". L'interrogation sur l'interdisciplinarité, dans cette perspective, est solidaire d'une interrogation sur la fonction sociale des sciences humaines. Il permet d'interroger ce qui permet une rencontre ou ce qui la fait échouer, quant la rencontre se fait heurt (n'oublions pas les sens du mot, qui signifie tout à la fois combat, hasard, ou encore adhésion). Il interroge aussi plus généralement ce qui fonde (ou pas) l'injonction à penser, travailler et vivre ensemble.

Définitions et enjeux :

La rencontre est un événement fortuit ou non qui permet d'entrer en contact avec l'autre. Le rapport à l'altérité dans la rencontre peut se faire sur un mode conflictuel ou apaisé. Il est toujours le lieu de l'interrogation d'une identité singulière dans son face-à-face avec une autre singularité. De fait, la rencontre se fait sur le terrain de la polis, lieu où se construit l'homme (celui qu'interroge les sciences humaines) et la communauté (centre de questionnement des sciences sociales - si tant est que l'on puisse délimiter si simplement une distinction entre ces sciences).

Il reste à décliner ce titre pour qu'apparaissent les problématiques qui sous-tendent la notion, problèmatiques multiples qui ont présidé au pluriel qui s'adjoint à cette dernière.

Il est acquis qu'l y aura une dimension réflexive à l'analyse de cette équipe qui pensera la rencontre comme interdisciplinarité. Signature du CALHISTE, l'interdisciplinarité, qui nous est donnée depuis des déterminations forcées (jeu des sections, stratégies ministérielles, etc...), nous offre la chance de mettre en pratique et en lumière la question de l'altérité (celle des pratiques, d'imaginaires, des postures, des choix, des corpus, des langues et des langages, des théories), pour éprouver l'altérité (et non la dissoudre). Dans cette dimension, il pourrait s'agir de nous porter les uns vers les autres, pour découvrir d'autres outils conceptuels, d'autres pratiques et de faire dérailler ainsi les habitudes de pensée qui nous maintiennet dans l'ère de ce qui est connu.

A cette dimension réflexive, s'ajouteront notamment approches culturaliste et linguistique interrogeant, sur le plan historique, les points de contacts, de circulations, de frictions, d'opposition, d'échanges et d'interconnections, comme sur le plan des langues qui pose la question des translations et divers enjeux que la traductologie moderne met en évidence.

Enfin, la dimension éthique peut faire de la rencontre une valeur ; c'est par exemple l'appréhension humaniste de la notion de rencontre : la lecture est pensée comme dialogue et rencontre avec l'autre nécessaires à la constitution et à la connaisssance de soi. Cette dimension éthique se retrouve dans l'interrogation sur l'interdisciplinarité et plus généralement sur la fonction des sciences humaines.

Il y a par conséquent plusieurs manières d'entrer dans ce projet, de concevoir toutes sortes de modes de participations :

- en participant à la réflexion sur l'interdisciplinarité : la rencontre répond à une exigence de dialogue entre les disciplines. Elle invite les spécialistes - plasticiens, esthéticiens, historiens, géographes, linguistes, littéraires, historiens des idées, etc... - à tisser des liens entre eux et leur propose d'ouvrir leur réflexion à l'ensemble des sciences humaines et sociales. La rencontre interroge d'emblée et au premier chef l'inter- et la transdisciplinarité.

- en envisageant la portée éthique de cette notion : la rencontre est une expérience et une opération de la pensée (mouvement, déclenchement, déplacement, ouverture, passage, découverte, immersion). La rencontre fait de l'imagerie le moteur du lien entre les êtres, de l'organisation du politique, elle ouvre sur la question de l'utopie. Elle est chaque fois singulière, et touche aux limites de la découverte de soi et de l'altérité ; au risque de la destabilisation (dépassement des limites, apparition, choc, surprise, hasard, fortuit, inédit, insolite, inconnu, insu, inconcevable, intempestif, l'inexploré ; la mise à l'épreuve des concepts au bord d'eux-mêmes, le langage mis à l'épreuve, venant inquiéter la ou les représentation(s) ; le croisement heureux ou malheureux, jusqu'à l'affrontement, l'attaque, la confrontation, le conflit, les rapport de pouvoirs ou de domination). Mais ferment possible de communautés nouvelles : reconnaissance mutuelle, fécondation, dialogue, discussion, partage, vivre ensemble, humanité partagée, nouvelle configuration, association, lien, contact, complémentarité, échange, emprunt, processus créatif et leur réception.

Programmes de recherches

 

Axe 2 - Représentations (Jusqu'en 2016)


L'objectif scientifique de cet axe est de contribuer à l'étude de la perception, de la mise en avant, de l'interprétation, de la diffusion et de la manipulation d'objets divers (pratiques, rites, gestes, discours, œuvres d'art, images, organisation spatiale, etc... d'une grande variété), ce qui contribuera à mettre en perspective certains faits de société et outils de communication actuels en les replaçant dans un contexte spatio-temporel large. Il participe au regain d'intérêt suscité depuis un demi-siècle dans toutes les disciplines des sciences humaines par le concept de représentation, à la suite des travaux de Serge Moscovici et plus récemment de ceux de Denise Jodelet.

Les analyses de cet axe sont menées en privilégiant 3 types de réflexion :

  • autour des pratiques sociales, de leur évolution dans le temps et de leurs déclinaisons multiples dans l'espace, que celles-ci soient envisagées dans une optique politique, économique, religieuse, culturelle, familiale, etc. Il s'agira d'en saisir le sens et d'en comprendre les variations.

  • autour du discours, tant dans son contenu que dans sa forme, l'un et l'autre étant porteurs de sens et contribuant à façonner les identités. Il s'agira, quelle qu'en soit la nature (écrite, iconographique ou matérielle, sous toutes leurs formes), de le déconstruire pour mesurer les choix opérés, en distinguant notamment ce qui relève ou non de la norme, et par conséquent en expliquer tout le sens.

  • Autour des différentes façons dont s'élaborent les représentations, selon que l'on privilégie le point de vue de l'individu ou du groupe, du discours ou de la pratique.

Du point de vue des méthodes, l'objectif de cet axe est de privilégier une approche pluridisciplinaire, en :

  • réfléchissant à des concepts communs,

  • croisant les problématiques qui contribuent toutes à la compréhension des sociétés d'hier et aujourd'hui,

  • confrontant les données fournies par un corpus diversifié (documents historiques, textes littéraires, œuvres d'art, images, etc.) et les fins attendues de l'utilisation de tel support plutôt que tel autre,

  • se questionnant sur le sens de nos interrogations et de nos démarches dans une perspective épistémologique.