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Séminaire 2015 du RUCHE

Animal source d’énergie : enquêtes dans l’Europe d’avant la Révolution industrielle

Mardi 12 mai - Bâtiment Matisse - Amphi 150

Dès que l’homme a su le faire, il a utilisé l’animal comme source d’énergie. Notamment pour le transport. Si au début de la domestication, la raison de l’élevage était la production de viande, une poly-exploitation de l’animal vivant est instaurée au cours du Néolithique. Cela entraine un renversement des priorités, la viande n’étant souvent sous l’Ancien Régime que la production finale d’une bête usée. Cette situation perdure jusqu’au XIXe siècle lorsque machines et matières premières combustibles viennent remplacer peu à peu les animaux. La force animale produit l’énergie nécessaire au travail aux champs, au débardage en forêt, aux transports et aides en tous genres (bât, traction, animation mécanique).

Plusieurs espèces ont simultanément ou successivement, selon les aires de culture et les spécialisations régionales, été utilisées pour leur force musculaire : bovins, chevaux, ânes et mulets, éléphants, dromadaires et chameaux, rennes, chiens…

Disparue depuis plus d'un demi-siècle des pays industrialisés, on assiste aujourd'hui à une revalorisation de la traction animale. Des initiatives fleurissent ici et là, en France comme en Europe, autour notamment de l’utilisation du cheval de trait dans le ramassage spécialisé des ordures ménagères, le transport scolaire en milieu rural ou le débardage forestier. Ailleurs, la traction animale est une voie de progrès et de mécanisation fonctionnant aux énergies renouvelables et sans apport extérieur de pièces de rechange. Avec un coût d'investissement nettement inférieur à celui de la motorisation, elle favorise le développement local. Dans plusieurs pays du monde, l’utilisation de la puissance animale est en expansion. On pense que 400 millions d’animaux de trait ou de bât s’activent dans le monde aujourd’hui. Dans les pays de l’Est et en Afrique, l’énergie animale est utilisée quotidiennement, en traction ou en portage. En Inde, l'énergie animale produite correspond à 6 millions de tonnes de pétrole d'une valeur de 1,8 milliards d'euros par année (Vandana Shiva, 2008).

A l'heure des débats sur la transition énergétique, il paraît intéressant d'engager une réflexion sur quelques unes des dimensions de l'utilisation par les sociétés du passé de l'animal comme source d'énergie, dans la longue durée historique. Le regain d'intérêt pour l'animal source d'énergie de nos jours résulte non seulement de l'augmentation des coûts de l'énergie mais aussi de considérations sociales et zootechniques. Il est certain, en effet, que la sauvegarde du patrimoine génétique que représentent les races des animaux de charge, de portage... serait grandement facilitée par une certaine réintroduction de la traction animale.

L'approche choisie est diachronique : l'analyse historique des conditions du fonctionnement de l'utilisation de l'animal comme source d'énergie sur une échelle de temps suffisamment longue -de l'Antiquité à la veille de la Révolution industrielle- doit permettre de mettre en évidence les évolutions et mesurer leurs impacts socio-économiques et environnementaux. Elle peut fournir des clés pour une démarche prospective pertinente, en vue du (re)développement de ce type d'énergie aujourd'hui comme une solution viable, complémentaire à la mécanisation.

Ce séminaire est organisé par le CALHISTE EA 4343 et le Réseau Universitaire des Chercheurs en Histoire Environnementale (RUCHE).

Programme et inscription

Séminaire 2015 du RUCHE - Animal source d’énergie : enquêtes dans l’Europe d’avant la Révolution industrielle