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Axe 4 « Pouvoirs : savoirs, acteurs, arbitrages»

Cet axe vise à organiser une réflexion interdisciplinaire en accueillant les travaux des chercheurs en histoire, géographie, économie, droit, sciences politiques, sociologie, histoire des idées, histoire de l'art... Il est également ouvert à tous les membres du laboratoire : les collègues intéressés peuvent s'y joindre occasionnellement ou régulièrement pour les travaux et journées d'études les intéressant au premier plan.

La recherche commune porte sur les « Pouvoirs ». Le mot « Pouvoirs » est ici conçu comme un facteur commun aux autres termes déclinés dans cet axe : savoirs comme pouvoirs ; acteurs du pouvoir ; prise de décisions dans les instances de pouvoirs (arbitrages).

Les recherches et projets menés dans le cadre de cet axe prennent trois directions principales :

1. Savoirs comme pouvoirs / épistémologie

Les travaux portent sur la naissance des disciplines universitaires dans leur contexte social, scientifique et politique ; sur les relations entre la recherche scientifique et les pouvoirs ; sur les transferts et la circulation des savoirs et des savoir-faire dans le monde. Une réflexion sur les savoirs pris comme « savoirs stratégiques » est menée dans ce cadre.

Un projet ANR ou autre va être monté ayant pour objet la mesure de l'impact des programmes de fellowships à l'étranger depuis la fin du XIXe siècle jusqu'au milieu des années soixante incluant les programmes publics et privés (Fondations philanthropiques, Rhodes Scholors, Quai d'Orsay, Fulbright ). Il associera des chercheurs du laboratoire CRISS et du laboratoire IHRIS (Lille), de l'Université de Genève, de l'Université de Leyde. L'impact concerne la carrière menée par les lauréats (étudiants avancés et chercheurs) et la fertilisation croisée des disciplines, savoirs et cursus.

2. Acteurs du pouvoir / analyse des comportements

Les travaux consistent d'abord en la confrontation des différentes méthodes d'appréhension, d'analyse des comportements humains dons les domaines les plus divers (économiques, sociaux. etc.) et à différentes échelles. Les acteurs peuvent être considérés de plus comme « acteurs du pouvoir », ce qui donne lieu par exemple à des travaux sur les élites et leurs relations entre elles (politiques. hauts fonctionnaires, élites économiques, issues de la société civile, intellectuels, artistes...) ; sur le rôle des minorités religieuses dans la consolidation du pouvoir ; sur les pouvoirs locaux, les pouvoirs régionaux ; sur le pouvoir gouvernemental ; sur les acteurs de la diplomatie, la place de leurs corps (réels, imaginés, représentés)... Des travaux portent sur le concept de genre en envisageant la place, le rôle, les méthodes, les relations des hommes et des femmes, acteurs et actrices du pouvoir, ainsi que ce que les représentations font relever du masculin ou du féminin en matière d'exercice du pouvoir. La question des représentations comme instrument de pouvoir social et culturel dons les sociétés occidentales depuis l'antiquité pourra également être envisagée.

Exemples : projet de colloque 2021 : Jeunes et vieux/vieilles : exercice du pouvoir et place dans le cycle de la vie.

3. Prise de décision dans les instances de pouvoirs / gouvernance

La prise de décision dans les lieux de pouvoirs est examinée sous différents angles : qui décide ? comment a évolué la gouvernance dans l'histoire de l'Occident ? Comment s'effectue la prise de décision dons un système démocratique, monarchique, etc., au sein de l'entreprise (qu'en est-il par exemple du pouvoir des actionnaires ?), dans un système décentralisé. Comment les groupes d'intérêt influent-ils sur les prises de décision par les pouvoirs institutionnels ?

Exemples : projet de colloque 2020 : « Quand le peuple élit le roi » (org.: Y. Junot, JJ. Ruiz lb-f'lez U. Murcio) , projet de colloque 2020 (pour publier les actes en 2021) : Alphonse X, Les racines interculturelles d'Europe ; org : D Grégorio.

Autre projet à l'horizon 2021 : la circulation et le rôle des architectes et urbanistes comme élites et leur rapport au pouvoir dans les pays développés ou en développement (F. Attal, C. Vaz).

Cet axe peut ainsi intégrer notamment des études sur les théories économiques (par exemple des réflexions sur le pouvoir prescripteur du courant mainstream) ; sur les théories sociologiques (peut-on parler d'une sociologie en crise ?) ; sur les relations entre le pouvoir politique et les économistes, etc. Les thématiques suivantes peuvent être abordées : la circulation des sciences dans un contexte intra et interculturel ; pouvoirs, sciences et éthique ; la crise de l'expertise dans les sociétés démocratiques contemporaines ; l'empilement administratif... La question de la circulation des étudiants et des chercheurs, ainsi que son impact sur les systèmes éducatifs et de recherche aux XIXe -XXe siècles est en la matière un objet transversal.

A partir de sa thématique générale, cet axe recueille les publications du laboratoire orientées entièrement ou en partie sur l'histoire des idées et des théories, les réflexions philosophiques et éthiques (relatives notamment à l'éthique gouvernementale et l'éthique médicale). Il intégre les réflexions d'ordre épistémologique. Le questionnement commun porte alors sur I' « équation de vérité » propre à chaque discipline. Il s'agit pour chacun de s'interroger sur l'adéquation de la logique interne propre à sa discipline avec le segment du réel qu'elle a à connaître.