Bouabid Misski
  • Recherche et innovation

L’innovation par la collaboration : Bouabid Misski et ses recherches entre le LUSAC et le CERAMATHS

Un parcours académique marqué par la passion pour les matériaux

Bouabid Misski, 27 ans, est un doctorant d’origine marocaine dont le parcours académique reflète une passion profonde pour les matériaux avancés. Après avoir obtenu une licence en physique fondamentale en 2020 au Maroc, il a poursuivi ses études avec un master IPMA (Ingénierie et Physique des Matériaux Avancés) à la Faculté des Sciences et Techniques de Mohammedia FSTM en 2022. Son projet de fin d’études a porté sur la synthèse et l’élaboration de nanocomposites à base d’EVA/graphène. Il est actuellement doctorant à l’Université de Caen Normandie, au laboratoire LUSAC, où il travaille sur des matériaux céramiques piézoélectriques sans plomb à base de KNN, renforçant ainsi son engagement dans la recherche scientifique.

"Ce domaine m’a immédiatement passionné, car il offre de nombreuses possibilités pour innover et développer de nouveaux matériaux," confie-t-il. Cette fascination l’a conduit à entreprendre une thèse, qu’il a débutée au Maroc avant de la poursuivre en France, à Cherbourg, au Laboratoire universitaire des sciences appliquées (LUSAC) où il a trouvé un environnement propice à ses recherches.

Une thèse centrée sur l’optimisation des matériaux

Le cœur des recherches de Bouabid Misski repose sur un défi technique majeur : réduire la température de frittage d’un matériau alternatif appelé KNN. Ce matériau, caractérisé par la volatilité de ses éléments alcalins, pose un défi particulier. En effet, ces éléments risquent de s’évaporer à haute température, compromettant ainsi les propriétés du matériau final.

"Nous cherchons à diminuer la température de frittage pour préserver ces éléments alcalins," explique-t-il. Cette approche pourrait non seulement améliorer la stabilité du matériau, mais aussi ouvrir la voie à des applications innovantes.


Une collaboration fructueuse entre laboratoires

Bouabid Misski a choisi de mener ses recherches au sein du laboratoire CERAMATHS, en collaboration avec le LUSAC de Cherbourg. Cette synergie entre les deux structures lui permet d’accéder à des équipements complémentaires, essentiels pour ses analyses piézoélectriques. "Mon directeur de thèse connaît très bien l’équipe du CERAMATHS, notamment la partie DMP, qui dispose de matériel que nous n’avons pas au LUSAC,”. À l’inverse, le LUSAC offre des ressources que le CERAMATHS ne possède pas, créant ainsi un échange mutuellement bénéfique.

Des applications prometteuses : capteurs de gaz et actionneurs

Les échantillons développés par Bouabid Misski pourraient trouver des applications variées, en fonction des propriétés obtenues. L’objectif principal est l’utilisation de ces matériaux comme capteurs de gaz, des dispositifs essentiels pour détecter et mesurer la présence de gaz dans divers environnements. Ces capteurs jouent un rôle clé dans des domaines tels que la sécurité industrielle, la surveillance environnementale, ou encore la recherche médicale.

D’autres applications pourraient émerger, comme les actionneurs ce qui souligne le potentiel polyvalent de ces recherches.

Un conseil pour les futurs doctorants : la patience

Interrogé sur les qualités nécessaires pour réussir une thèse, Bouabid Misski insiste sur un mot : la patience. "La recherche est un processus long et complexe, mais chaque étape apporte son lot de découvertes et de satisfactions," conclut-il avec enthousiasme.