Alexandra
SORANO
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Bâtiment Matisse
Bureau DeScripto
Mon travail consiste à étudier la façon dont la pratique poétique permet de remettre en question le « scriptocentrisme » et le logocentrisme propres à certaines traditions occidentales. Il est ainsi question d'analyser les phénomènes de création et de représentation poétiques, lesquels permettent de contester l'ordre et les codes de la création littéraire, voire de constituer des passages clandestins (question de l'interdit, respect ou contournement des codes moraux et religieux, tensions entre le simulacre et la présence, le dessin et l'écrit, l'implicite et l'explicite, le compréhensible et l'inintelligible, le savoir et l'expérience, le légitime et le marginal, le chaos et le cosmos, etc.) Une telle recherche m'amène également à m'interroger sur les rapports entre éthique et liberté créative.
Je m'intéresse tout particulièrement à l'exploration des différentes réalités évoquées par l'écriture et aux déplacements des points de vue qui malmènent le figement, la stabilité et la validité du sens ainsi que l'idée même d'un langage réglé au service d'une description fidèle de la réalité. Dans cette perspective, je travaille également sur l'envers des symboles et sur l'ambiguïté du contrat qu'ils ont l'air de former avec une réalité perdue, supérieure ou inaccessible. Mes recherches actuelles portent sur la poésie du XIXᵉ siècle à la poésie contemporaine, en passant par la poésie surréaliste.
Ma thèse, dirigée par Vincent Vivès, a pour objet d'explorer la façon dont la « sorcellerie évocatoire » baudelairienne fonctionne comme le pharmakon platonicien. L'écriture oscille en effet entre magie blanche et magie noire – avec la révolte sacrilège qu'elles impliquent – et donc entre consolation et duperie, allant de la constitution de symboles duplices à la dispersion des signes. Grâce aux détournements du langage canonique, cette écriture défait les hiérarchies de valeur du réel et produit des effets performatifs et transgressifs, engendrant à la fois des phénomènes d'ivresse et d'ivrognerie. Métaphore de la force d'évocation équivoque du langage, cette sorcellerie évocatoire permet de dégager une généalogie poétique et stylistique que je retrace à travers les œuvres d'Arthur Rimbaud et de Henri Michaux.
Je suis intervenue lors de manifestations scientifiques et ai publié des articles consacrés notamment à l'art comme déformation scripturale et corporelle, ainsi qu'à l'expérience-limite en poésie.
Diplômes universitaires
- 2022 :
Master 2 Recherche - Études Littéraires - Mention Très Bien
Organization of conferences, exhibitions ...
- 16 juin 2026 :
« Le Palimpseste michaldien : entre traces écrites et traces mnésiques », Colloque international Temps superposés. Poétiques du palimpseste, Université Polytechnique des Hauts-de-France
- 10 avril 2025 :
« Poésie et dissolution des identités. Rimbaud et Michaux », Journée d’étude Les Identités en discours : les normes et l’hors-norme, Université Polytechnique des Hauts-de-France
- 6 et 7 juin 2024 :
« Les visages intérieurs de Michaux. Voyage dans l’archi-ego mescalinien », Colloque Visage, visagéité et reconnaissance faciale, Université Polytechnique des Hauts-de-France
- 19 avril 2024 :
« Le Corps mescalinien comme objeu : exploration des frontières », Journée d’étude Corps de l’objet, un Objeu d’art ?, Université Polytechnique des Hauts-de-France
- 13 mars 2024 :
« Illuminations et L’Infini turbulent. Expérience du kaléidoscope », Doctoriales Renversons les classiques !, Université Polytechnique des Hauts-de-France
« Poésie et évasion solitaire. De Baudelaire à Michaux », Cahiers ERTA, « La Solitude », 41, 2025.
« Henri Michaux et la mort de Dieu. Le verbe mescalinien », Postures, « De la création par le verbe à la mort de Dieu : Littérature et spiritualité », 39, 2024.