[Année du Japon] Conférences animées par Maki Fukuda
Maki Fukada est professeur en histoire du droit à l'université de Kobe (Japon)
Elle interviendra lors de 2 conférences organisées à l'UPHF le 10 septembre, sur le Campus des Tertiales
Conférence 1 : La signification du tatouage dans le droit pénal japonais
15h00 - Amphi C
Souvent, le tatouage japonais est associé aux yakuzas, la mafia japonaise et est considéré comme la marque de malfaiteurs. Pourtant, à l’époque Edo (1603-1868) qui précède la rapide occidentalisation du système, le tatouage était également une punition. Tout comme la marque au fer rouge en France, le tatouage était employé comme une peine supplémentaire afin de signaler les récidivistes. La marque tatouée différait selon la région et représentait souvent le nombre d’infractions commises par le criminel.
Cette conférence aborde le système juridique à l’époque Edo, tout à fait différent de celui d’après l'occidentalisation. Nous déterminerons d’abord ce qu’est la peine de tatouage, en ayant recours aux images de l’époque. Puis nous aborderons l’hypothèse discutée par les historiens du droit japonais, concernant la réinsertion des criminels à l’époque Edo et son lien avec le tatouage.
Conférence 2 : « L'empire des signes ». La peine capitale et l'économie de la visibilité pénale. Edo et Paris, XVIIIe–XIXe siècle
17h00 - Salle 301
L’exécution publique en France, surtout celle sous l’Ancien Régime, est souvent un sujet de recherche dans le monde académique français. Aujourd’hui, nous savons que les exécutions devant le peuple avaient plusieurs significations politiques et étaient loin d’être de simples lynchages.
Au Japon aussi, l’exécution publique existait jusqu’à 1877, aux premières années de l’occidentalisation juridique. A la période précédente, appelée l’époque Edo (1603-1868), l’exécution publique avait une certaine importance pour le pouvoir, tout comme sous l’Ancien Régime français.
Dans cette conférence, nous aborderons le sujet de l’exécution publique au Japon à l’époque Edo, en consultant principalement les travaux japonais dans le domaine de la philosophie politique. Nous nous intéresserons surtout aux représentations de l’exécution publique et les symboles utilisés pour montrer, comme le disait Roland Barthes sur le Japon, que le pays était « L’empire des signes ».